18 sept. 2014

Pour le cours de conversation du mercredi 24 septembre

Bonjour à tous et bienvenue dans notre cours de conversation du mercredi à 11h00!
A lire et préparer pour la semaine prochaine deux courts articles concernant des personnes qui ont de bonnes idées. Ou pas?
Voici les articles:
Un couple de l'Idaho invente la route solaire



Au début, il y a dix ans, la moitié de leurs interlocuteurs ont pensé qu'ils étaient fous. L'autre, qu'ils étaient géniaux. Scott et Julie Brusaw ont en tout cas développé une idée extraordinaire : la route solaire, pour remplacer le bitume traditionnel, trop cher selon eux, et trop peu écologique.
Le couple de l'Idaho, Etat reculé s'il en est du nord-ouest des Etats-Unis, a mis au point un prototype dans sa propriété de la localité de Sand Point : un assemblage de panneaux solaires de forme hexagonale, en verre trempé, qui s'emboîtent à volonté. Le verre, issu en partie du recyclage, a été travaillé afin de le rapprocher de la texture de l'asphalte, pour assurer une bonne adhérence et éviter les risques de glissade. Chaque dalle est dotée de cellules photovoltaïques et de LED.

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L'idée des Brusaw – un ingénieur en électricité et sa femme, conseillère conjugale – consiste à transformer les routes, autoroutes, allées, chemins, aires de stationnement, etc. en générateurs d'électricité solaire. Il suffirait pour cela de remplacer le goudron par des panneaux solaires suffisamment résistants pour supporter les poids lourds. Le prototype est capable de supporter plus de 110 tonnes.
Les routes produiraient de l'électricité, qui alimenterait le réseau ; grâce à un système de connexions électroniques, les voitures électriques se rechargeraient en roulant. Le marquage au sol serait effectué grâce à des LED. Plus de neige ni de routes verglacées : les solar roadways (c'est aussi le nom de leur entreprise) sont dotées d'un système de dégivrage qui fait immédiatement fondre la glace. La route solaire est aussi capable de stocker, de drainer et de traiter l'eau de pluie le long de ses bordures pour diminuer la pollution des rivières américaines.
Plus d'un million de dollars
Les concepteurs du projet voient loin et imaginent des routes " intelligentes " : des informations ou conseils pratiques pourraient apparaître directement sur la chaussée, grâce aux diodes électroluminescentes, prévenir les conducteurs de la présence sur la chaussée de piétons ou d'animal et ainsi éviter les accidents.
L'idée n'est pas farfelue. Les Brusaw ont bénéficié en 2009 du soutien financier de la US Federal Highway Administration, la direction fédérale des routes américaines. Le 21 avril, ils ont lancé une campagne de collecte de fonds sur la plateforme de financements participatifs Indiegogo. Un mois plus tard, ils avaient déjà dépassé leur objectif d'un million de dollars (735 000 euros).
Selon leurs calculs, si la totalité des routes, parkings, pistes cyclables, allées du pays était couverte de panneaux solaires, l'énergie dégagée représenterait trois fois la consommation électrique totale du pays. Pour l'instant, l'énergie solaire ne représente que 1,13 % de l'électricité consommée aux Etats-Unis.
Corine Lesnes (Washington, correspondante)
© Le Monde

Voici le deuxième article:

Vider le plastique des océans : un projet réalisable ?

·                              Le jeune Boyan Slat est un phénomène. Nouveau visage de la lutte contre les océans de plastique, il mobilise et collecte de grosses sommes autour d'un projet pourtant controversé.  
Sa tignasse bouclée et ses yeux bleu clair ne doivent pas vous tromper : Boyan Slat n’est pas la dernière pop star en vue, bien qu’il soit la coqueluche des médias. Car ce Néerlandais de 19 ans a une jolie histoire à raconter : il affirme avoir trouvé une solution simple, réaliste, rapide et peu coûteuse pour débarrasser les océans de leurs déchets. Mieux, il en fait la démonstration. Son idée ? Se servir des courants marins pour nettoyer les océans des déchets de plastique qui les polluent. D’abord seul à la défendre, cet étudiant en aérospatiale et fondateur de l’ONG The Ocean Cleanup est, en deux ans, parvenu à mobiliser autour de lui une centaine de personnes, parmi lesquelles une dizaine de scientifiques chevronnés. Elles viennent de présenter une copieuse étude de faisabilité de 530 pages sur ce projet. Rendu public au début du mois de juin, le document affirme que la vision du jeune homme serait non seulement réalisable, mais aussi rentable. Vraiment ?

100 km de barrières flottantes en pleine mer

L’idée est la suivante : des cylindres flottants ancrés dans les fonds marins (à - 3900 mètres) forment un immense V dans la mer, sur une longueur de 100 kilomètres. Sous l’eau, des écrans verticaux de trois mètres de profondeur bloquent les déchets plastiques tout en laissant le plancton et les poissons poursuivre leur chemin. Grâce aux courants tournoyants des zones de convergence océanique (ou gyres), où se concentrent une large partie des déchets plastiques, ces détritus de toutes tailles viennent s’engouffrer dans la pointe du V. Ils sont alors pompés et stockés par une énorme colonne d’acier de 2 800 tonnes qui flotte et fonctionne aux énergies solaire et hydraulique.
Mais dans ce raz-de-marée d’enthousiasme, certaines voix à contre-courant se font entendre : c’est le cas notamment de Stiv Wilson, directeur de l’ONG américaine de protection des océans5Gyres.org. Dans une tribune publiée mi-juillet, avant la parution de l’étude de faisabilité, il harponne le projet d’Ocean Cleanup sur un certain nombre de points raillant notamment la profondeur prévue des écrans – selon lui la plupart des déchets circulent sous les trois mètres –, l’ancrage des cylindres dans les fonds marins, le tri des différentes sortes de plastiques de différentes tailles, etc. Le jeune Boyan Slat lui a répondu point par point. Pour autant, son projet ne parvient pas à convaincre tout à fait.

Concentrer ses efforts sur la terre ferme

Selon l’océanographe de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer)François Galgani, des problèmes techniques ne vont pas manquer de se poser : densité des plastiques, collecteurs vite bouchés, etc. : « Autant de questions qui vont obliger ce jeune ingénieur à envisager un projet plus raisonnable de collecte dans des zones côtières plus touchées, ce qui se fait déjà avec des moyens classiques. » Il ajoute que, « d’un point de vue économique, on ne va pas ramasser des nodules polymétalliques (concrétions rocheuses reposant sur le lit océanique et riches en métaux rares, ndlr) de très grande valeur pour des raisons de coût. Pourquoi vouloir ramasser des plastiques sans aucune valeur ? »


Les réticences de Nicolas Fournier, chargé d’affaires européennes pour Oceana, ONG de protection des océans, se situent davantage sur le plan « idéologique » : « Cette proposition pose un problème idéologique car elle renforce l’idée selon laquelle notre salut viendra de la technologie. Or, pour les déchets marins, il faut s’attaquer au problème à la source, sur terre : réduire nos déchets, recycler, réutiliser, imposer des règles contraignantes sur les sacs plastique, etc. » De plus, les barrages flottants en mer peuvent « poser des problèmes de collision ou nuisances pour la faune/flore, sans parler de la navigation ». Sans classer l’initiative de Boyan Slat parmi le « tas de projets farfelus pour récupérer le plastique des océans, comme la création d’îles de plastique », il lui semble « simplement irréalisable à grande échelle, et n’ayant qu’une portée avant tout symbolique ».

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