A lire et préparer pour la semaine prochaine deux courts articles concernant des personnes qui ont de bonnes idées. Ou pas?
Voici les articles:
Un couple de l'Idaho invente la route solaire
Vider le plastique des océans : un projet
réalisable ?
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Le jeune Boyan
Slat est un phénomène. Nouveau visage de la lutte contre les océans de
plastique, il mobilise et collecte de grosses sommes autour d'un projet
pourtant controversé.
Sa tignasse bouclée et ses yeux
bleu clair ne doivent pas vous tromper : Boyan Slat n’est pas la dernière
pop star en vue, bien qu’il soit la coqueluche des médias. Car ce Néerlandais
de 19 ans a une jolie histoire à raconter : il affirme avoir trouvé une
solution simple, réaliste, rapide et peu coûteuse pour débarrasser les océans
de leurs déchets. Mieux, il en fait la démonstration. Son idée ? Se servir
des courants marins pour nettoyer les océans des déchets de plastique qui les
polluent. D’abord seul à la défendre, cet étudiant en aérospatiale et fondateur
de l’ONG The Ocean Cleanup est, en deux ans, parvenu à mobiliser
autour de lui une centaine de personnes, parmi lesquelles une dizaine de
scientifiques chevronnés. Elles viennent de présenter une copieuse étude de
faisabilité de 530
pages sur ce projet. Rendu public au début du mois de juin, le document affirme
que la vision du jeune homme serait non seulement réalisable, mais aussi
rentable. Vraiment ?
100 km de barrières flottantes en pleine mer
L’idée
est la suivante : des cylindres flottants ancrés dans les fonds marins (à
- 3900 mètres) forment un immense V dans la mer, sur une longueur de 100
kilomètres. Sous l’eau, des écrans verticaux de trois mètres de profondeur
bloquent les déchets plastiques tout en laissant le plancton et les poissons
poursuivre leur chemin. Grâce aux courants tournoyants des zones de convergence
océanique (ou gyres), où se concentrent une large partie des déchets
plastiques, ces détritus de toutes tailles viennent s’engouffrer dans la pointe
du V. Ils sont alors pompés et stockés par une énorme colonne d’acier de 2 800
tonnes qui flotte et fonctionne aux énergies solaire et hydraulique.
Mais dans ce raz-de-marée
d’enthousiasme, certaines voix à contre-courant se font entendre : c’est
le cas notamment de Stiv Wilson, directeur de l’ONG américaine de protection des
océans5Gyres.org. Dans une tribune publiée mi-juillet, avant la parution
de l’étude de faisabilité, il harponne le projet d’Ocean Cleanup sur un certain
nombre de points raillant notamment la profondeur prévue des écrans – selon lui
la plupart des déchets circulent sous les trois mètres –, l’ancrage des
cylindres dans les fonds marins, le tri des différentes sortes de plastiques de
différentes tailles, etc. Le jeune Boyan Slat lui a répondu point
par point. Pour autant, son projet ne
parvient pas à convaincre tout à fait.
Concentrer ses
efforts sur la terre ferme
Selon l’océanographe de l’Ifremer (Institut français
de recherche pour l’exploitation de la mer)François Galgani,
des problèmes techniques ne vont pas manquer de se poser : densité des
plastiques, collecteurs vite bouchés, etc. : « Autant
de questions qui vont obliger ce jeune ingénieur à envisager un projet plus
raisonnable de collecte dans des zones côtières plus touchées, ce qui se fait
déjà avec des moyens classiques. » Il ajoute que, « d’un
point de vue économique, on ne va pas ramasser des nodules polymétalliques (concrétions
rocheuses reposant sur le lit océanique et riches en métaux rares, ndlr) de
très grande valeur pour des raisons de coût. Pourquoi vouloir ramasser des
plastiques sans aucune valeur ? »
Les réticences de Nicolas
Fournier, chargé d’affaires européennes pour Oceana, ONG de protection des océans, se
situent davantage sur le plan « idéologique » : « Cette proposition pose un
problème idéologique car elle renforce l’idée selon laquelle notre salut
viendra de la technologie. Or, pour les déchets marins, il faut s’attaquer au
problème à la source, sur terre : réduire nos déchets, recycler,
réutiliser, imposer des règles contraignantes sur les sacs plastique,
etc. » De plus, les
barrages flottants en mer peuvent « poser
des problèmes de collision ou nuisances pour la faune/flore, sans parler de la
navigation ». Sans classer l’initiative de Boyan Slat parmi le « tas de projets farfelus pour
récupérer le plastique des océans, comme la création d’îles de
plastique », il lui semble « simplement irréalisable à
grande échelle, et n’ayant qu’une portée avant tout symbolique ».
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